DoucheFLUX utilise depuis plusieurs années les mots personnes sans-chez-soi et sans-chez-soirisme plutôt que le terme consacré actuellement : sans-abrisme. Pourquoi inventer et utiliser un mot difficile à prononcer ?
Parce que nous luttons pour que tout le monde ait un véritable chez-soi.
← Même le Chat est d'accord (réalisé par Philippe Geluck, parrain de DoucheFLUX)
Pourquoi parler de sans-chez-soirisme et de personnes sans-chez-soi ?
1. Parce que nous luttons pour le droit au logement
Nous agissons au quotidien pour chacun·e puisse avoir accès à un véritable chez-soi, digne, sécurisant et adapté. Si les personnes que nous accompagnons peuvent avoir plusieurs problématiques, être sans chez-soi est leur point commun.
2. Parce que les personnes en rue ne sont pas les seules
Même si bien sûr, leur situation est inacceptable, malheureusement être sans chez-soi touche encore plus de monde. Le dénombrement réalisé en région de Bruxelles capitale montre que 9777 personnes sont recensées sans-chez-soi, dont 1000 dorment en rue. La plupart des personnes sans-chez-soi ont un abri, qu’il soit de fortune ou que cela soit un hébergement temporaire d’urgence (familial ou institutionnel). Utiliser le terme sans-abrisme revient à parler d’1 personne sur 10 vivant cette situation, et à invisibiliser la vaste majorité des cas.
3. Parce que nous luttons pour les meilleures solutions
Parler de personnes sans-abri, cela suppose que proposer un abri suffit à trouver une solution acceptable. Même si les abris temporaires comme le Samusocial ou les maisons d'accueil sont vitaux, ce ne sont pas des solutions pérennes. Utiliser le terme de personnes sans-chez-soi pousse à trouver la seule solution acceptable humainement sur le long terme, c'est à dire un véritable logement.
4. Parce que nous souhaitons y mettre fin
Parler de sans-chez-soirisme et lutter contre l’idée qu’il n’est pas une fatalité pousse à trouver des solutions pérennes pour les personnes, autrement dit des logements et espaces que l’on pourrait appeler chez-soi. En plus de ses actions de plaidoyer, DoucheFLUX agit au quotidien vers cet objectif.
Comment DoucheFLUX agit pour la fin du sans-chez-soirisme ?
Accueil, orientation et accès aux services fondamentaux au quotidien
Accompagnement psycho-médico-social
6 relogements en 2024 et la mise en place d'un accompagnement logement
Un espace sécurisant et de soin contre les violences genre qui causent la perte d'un chez-soi pour les femmes
28 personnes suivies en 2025
Origines du terme sans-chez-soirisme
Nous avons cherché des occurrences antérieures à l’utilisation par DoucheFLUX et le Syndicat des immenses et nous n’en n’avons pas trouvé. Serait-il possible que nous ayons inventé le mot ? Si cela est toujours flatteur, en réalité là n’est pas la question.
DoucheFLUX et le Syndicat des immenses popularisent au quotidien l’usage de ce terme, car nous croyons que c’est déjà une première étape pour mieux qualifier ce problème de société. Avoir conscience que tout le monde devait avoir accès à un chez-soi, cela permet de questionner pourquoi on en prive certain.e.s. Réfléchir c’est déjà agir !
Les victoires à célébrer
Au début ce n’était pas simple de faire entendre nos voix à travers les mots justes, mais de plus en plus, on utilise les termes de personnes sans-chez-soi et de sans-chez-soirisme ! Quelques exemples de nos petites victoires :
- Brusshelp, organe de coordination des dispositifs d'aide d'urgence et d'insertion des personnes sans-chez-soi en Région de Bruxelles-Capitale, utilise depuis la publication de son masterplan de sortie du sans-chez-soirisme le dudit terme, et ce après un long plaidoyer de DoucheFLUX et du Syndicat des immenses
- De plus en plus d’asbls, mais aussi de journalistes et de médias utilisent le terme de personnes sans-chez-soi au lieu de parler de personnes sans-abri, une première étape essentielle !
DoucheFLUX continue à agir et plaidoyer pour la fin du sans-chez-soirisme, et plus on est nombreux à utiliser le mot, plus on s’approche de la solution !