Hébergement de transit

Depuis le 10 avril 2020 et suite à la pandémie du coronavirus, DoucheFLUX a élargi son domaine d’action à l’hébergement temporaire. Il s’agit d’un projet inédit, riche en expériences et ouvrant sans aucune doute de nouvelles voies… Une trentaine de personnes, principalement des femmes, sont hébergées dans un logement « non-conforme » (auberge, hôtel…) temporaire et bénéficient d’un accompagnement social, de toute une série d’activités culturelles, sportives, de bien-être et divertissantes et de repas de qualité.

Le projet a démarré à JES Sleep Inn à Molenbeek, près du canal. Bien plus qu’une auberge, JES Sleep Inn est résolument ancrée dans Bruxelles et privilégie des activités urbaines et de cohésion pour les jeunes notamment. Comme tant d’autres lieux, JES Sleep Inn a dû interrompre du jour au lendemain toutes ses activités. Rapidement, JES et DoucheFLUX se sont trouvées pour offrir un lieu de confinement sûr et agréable pour des personnes sans abri connues du service social et/ou des maraudeur·euse·s de DoucheFLUX. Depuis septembre, JES Sleep Inn a « malheureusement » repris ses missions premières. De ce fait, l’auberge n’est plus disponible mais les hébergé·e·s ont pu déménager à un hôtel situé dans la commune de Forest. Ils·Elles resteront là au moins jusqu’au 30 avril 2022.

Inévitablement, les premières semaines ont servi pour récupérer des forces et bénéficier d’un vrai sommeil de tout repos. Sur cette base, un travail social de fond avec les personnes hébergées a pu être mis en place. DoucheFLUX a résolument opté pour un nombre restreint de personnes hébergées pour pouvoir assurer un environnement de tout repos et un accompagnement de qualité pour tou·te·s.
L’assistante sociale de DoucheFLUX accompagne les hébergé·e·s dans la résolution de problèmes divers : remise en ordre administrative, ouverture des droits (revenu d’intégration sociale, adresse de référence, carte médicale), inscription dans diverses AIS pour obtenir un logement, médiation de dettes… Il est clair que le suivi en contexte d’hébergement permet bien plus que le suivi des mêmes personnes en rue. Le repos et la sécurité créent un contexte dans lequel les personnes en situation précaire reprennent courage pour entreprendre de nombreuses démarches et recréer des liens de confiance avec les organisations qui peuvent les accompagner.
Vu le marché du logement, le grand défi reste de trouver un logement durable pour toutes ces personnes. Néanmoins, après un an de fonctionnement, 27% des bénéficiaires ont été relogé·e·s.

La coordinatrice des activités & formations de DoucheFLUX a mis en place toute une série d’activités. Au départ, elles étaient forcément limitées par le confinement : stretching, expression corporelle, projections de film, karaoké, jeux de société… et grâce à JES aussi : pingpong, cours d’escalade et sorties à vélo. Ensuite, avec le déconfinement, les activités se sont diversifiées : sorties culturelles et de détente (MIMA, Musée de la migration, Musée des Sciences naturelles, bowling, Fête de la Musique, croisières sur le canal, visite du quartier avec AlterBrussels…), atelier photo, chorale, yoga…

Les Gastrosophes se chargent des repas. Fidèles à leur démarche, ils·elles préparent des repas sains et délicieux avec des invendus alimentaires bio. Le dimanche, Les Gastrosophes invitent un·e chef·fe qui concocte un menu 3 étoiles avec entrée, plat, dessert, des fleurs et des nappes !

Enfin, il est important de mentionner le dévouement de dizaines de bénévoles qui se sont proposé·e·s rapidement dès le début du confinement pour assurer une permanence à l’auberge et accompagner les activités, jusqu'au moment où DoucheFLUX a pu engager du personnel salarié.

Le projet reçoit un subside de la COCOM qui permet d’engager un coordinateur à temps plein (à partir du 20 avril 2020), deux éducateurs/veilleurs de nuit (depuis le 16 juin 2020), deux éducateurs de jour (depuis le 15 novembre 2020), d’indemniser l’auberge/hôtel tout comme financer les repas.

« Hôtel solidaire »

Outre ce projet, DoucheFLUX était également impliqué dans un autre projet d’hébergement, « Hôtel solidaire », en collaboration avec les ASBL Diogènes et L’Îlot. 23 personnes – dont une dizaine sous la houlette de DoucheFLUX – étaient logées dans un hôtel sur le commune de Bruxelles, puis sur la commune de Molenbeek-Saint-Jean. Ecoutez ici l’interview d’Ariane Dierickx (directrice de L'Îlot) sur le projet, ou lisez l'article de La Libre Belgique à ce sujet. Ce projet était également subsidié par la COCOM jusque fin juin 2021.